L’enfant prodigue

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« À mon avis, l’hymen et ses liens
Sont les plus grands ou des maux ou des biens.
Point de milieu ; l’état du mariage
Est des humains le plus cher avantage,
Quand le rapport des esprits et des cœurs,
Des sentiments, des goûts, et des humeurs,
Serre ces nœuds tissus par la nature,
Que l’amour forme et que l’honneur épure.
Dieux ! quel plaisir d’aimer publiquement,
Et de porter le nom de son amant !
Votre maison, vos gens, votre livrée,
Tout vous retrace une image adorée ;
Et vos enfants, ces gages précieux,
Nés de l’amour, en sont de nouveaux nœuds.
Un tel hymen, une union si chère,
Si l’on en voit, c’est le ciel sur la terre. »

 

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À un enfant, fille du poète

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« Céleste fille du poète, 
La vie est un hymne à deux voix.
Son front sur le tien se reflète,
Sa lyre chante sous tes doigts.

Sur tes yeux quand sa bouche pose
Le baiser calme et sans frisson,
Sur ta paupière blanche et rose
Le doux baiser à plus de son.

Dans ses bras quand il te soulève
Pour te montrer au ciel jaloux,
On croit voir son plus divin rêve
Qu’il caresse sur ses genoux !

…………………………

Du chant que ta bouche répète
Son cœur ému jouit deux fois.
Céleste fille du poète,
La vie est une hymne à deux voix. »

 

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Déclaration

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« Jeune femme aux yeux noirs, étourdie, inconstante,
Entre mille pensers indécise et flottante,
Qui veut et ne veut pas, et bientôt ne sait plus
Où prendre ni fixer, tes voeux irrésolus,
Qui n’aime point le mal et pourtant ne peut faire
Un seul pas vers le bien que ton âme préfère,
Insouciante, et va livrant chaque matin,
Tes projets au hasard et ta vie au destin,
Sais-tu pourquoi je t’aime, et quelle main cachée
Retiens mon âme au char où tu l’as attachée,
Pourquoi je me plains tant dans tes bras, et ressens
Quelque chose de plus que l’ivresse des sens ? »

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La cigarette

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« Oui, ce monde est bien plat ; quant à l’autre, sornettes.
Moi, je vais résigné, sans espoir, à mon sort,
Et pour tuer le temps, en attendant la mort,
Je fume au nez des dieux de fines cigarettes.

Allez, vivants, luttez, pauvres futurs squelettes. »

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Le chat

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« Viens, mon beau chat, sur mon coeur amoureux ;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d’agate.

Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s’enivre du plaisir
De palper ton corps électrique. »

- Les fleurs du mal -

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Les regrets

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« L’un sans se travailler en sûreté demeure,
L’autre, qui n’a de repos jusques à tant qu’il meure,
Traverse nuit et jour mille lieux dangereux;

L’un passe riche et sot heureusement sa vie,
L’autre, plus souffreteux qu’un pauvre qui mendie,
S’acquiert en voyageant un savoir malheureux. »

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